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Disparition
Toby Raphael 1951 - 2009
11 novembre. C’est avec émotion et une profonde tristesse que la communauté internationale spécialisée en conservation a appris le décès de Toby Raphael à son domicile de Shepherdstown, Virginie-Occidentale, Etats-Unis. A la retraite depuis le 4 novembre, il était Conservateur en chef au National Park Service.
L’ICCROM est fière d’avoir eu l’opportunité de travailler avec Toby Raphael pendant plusieurs décennies. En 1980, Toby est arrivé à Rome pour participer au Cours sur les principes scientifiques en conservation. Il y a fait preuve d’une grande curiosité professionnelle et a montré son sens de la solidarité à l’échelle internationale profondément ancré en lui. Au fil des ans, Toby est devenu un enseignant respecté et un collègue sur qui on pouvait compter, intervenant à plusieurs reprises dans les formations de l’ICCROM, que ce soit directement à Rome ou dans d’autres pays, notamment en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. En 2005, au cours d’un séjour de six mois à Rome en tant que boursier, il a eu l’occasion de travailler en étroite collaboration avec l’équipe de l’ICCROM.
Lorsqu’il enseignait, il avait en lui un profond respect de son auditoire; il avait d’autres préoccupations que de délivrer aveuglément son enseignement, il cherchait plutôt à enrichir et à développer les compétences et les capacités de chacun. Et ce, le plus souvent d’une manière plaisante, avec des rires et de la joie.
L’importance de Toby parmi les professionnels internationaux de la conservation allait bien au-delà de son rôle de fidèle porte-parole et de conseiller technique en matière de conservation. Il inspira et donna l’exemple à un grand nombre de ses collègues du monde entier par son approche et sa vision professionnelle cohérente. Un savoir qui n’est pas partagé est dépourvu de sens; les solutions traitées pour elles-mêmes sont fragiles a priori. L’humain, la communication, les individus devenaient des paramètres essentiels pour qui travaillait avec Toby. Dans les faits, ces paramètres étaient le cœur même de son identité professionnelle. Sa manière d’aborder les problèmes les plus techniques, tandis qu’il semblait en même temps tenir dans la paume de sa main le cœur même de la culture qui fonde le patrimoine, était pour notre bénéfice à la fois vivifiante et communicative. Et quant à la culture matérielle, elle devenait avec Toby la face merveilleuse de l’humanité.
Travailler avec Toby c’était aussi, malgré ce qu’on pourrait croire, vivre en compagnie de quelqu’un qui possédait un grand sens de l’urgence. Un problème repéré était un problème auquel il fallait s’attaquer. Il est plus productif de s’entretenir sur la manière dont on peut changer les choses, plutôt que d’élaborer des listes de suggestions que n’importe qui pourraient établir. Sa mort prématurée nous pose cette grave question : comment poursuivre son œuvre ? Affronter les problèmes que l’on connaît et ceux que l’on ne connaît pas encore, avec curiosité, courage et un constant amour pour le genre humain, pourrait déjà constituer un bon départ.
mise à jour :
18.11.2009 |