Cours international sur l’aide d’urgence au patrimoine culturel en temps de conflit (FAC10)
17 septembre – 29 octobre 2010
5 novembre. Le vendredi 29 octobre, le cours international sur l’aide d’urgence au patrimoine culturel en temps de conflit est arrivé à son terme. Les 19 participants ont reçu leur certificat lors de la cérémonie de clôture à laquelle ont assisté le personnel de l’ICCROM et tous ses partenaires.
Durant la quatrième semaine du cours, les participants ont été initiés aux principes fondamentaux de la gestion des risques concernant le patrimoine culturel et à la façon d’appliquer ces principes dans des situations de conflit. S’est ensuivi un atelier d’une journée portant sur la sécurité personnelle, organisé par le Centre pour la Sauvegarde et le Développement (CSD), une organisation qui forme des professionnels travaillant dans l’humanitaire afin de les sensibiliser à la sécurité. Puis les participants ont eu l’opportunité de réfléchir aux questions éthiques concernant le travail d’un professionnel du patrimoine en temps de conflit. Dans le cadre d’un exercice pratique de manipulation, ils ont pu aborder les traitements de base des mesures d’urgence sur des objets endommagés par l’eau, la boue, les moisissures, la suie et les cendres. Un exposé réalisé par la Division de Réhabilitation et des Opérations d’urgence de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) a clos la semaine ; il a porté sur les défis relatifs à l’assistance humanitaire dans les situations de crise.
Durant la cinquième semaine, les participants du cours ont assisté à un atelier de trois jours sur les compétences en matière de communication. Ont été inclues à cet atelier des sessions pratiques portant sur le fait de donner des interviews durant une situation de crise, de mener de brefs entretiens, et proposant de développer des objectifs de formation. Puis Mounir Bouchenaki a donné une conférence portant sur le rôle tenu par les organisations internationales lorsque le patrimoine culturel est délibérément menacé ; il s’est appuyé pour cela sur sa vaste expérience en ex-Yougoslavie, en Afghanistan et au Cambodge.
Les participants ont passé ensuite une journée avec INTERSOS, organisation humanitaire basée à Rome qui gère des opérations au niveau international, et ce, afin de comprendre comment les mesures d’urgence sont planifiées et comment les professionnels du patrimoine culturel peuvent travailler au sein du réseau humanitaire. La semaine s’est conclue par une visite à la Bibliothèque nationale centrale de Florence, qui a gracieusement invité le groupe. Les participants ont beaucoup appris de l’expérience de l’institution en matière de sauvegarde des documents papier, suite à la célèbre inondation de 1966.
La sixième et dernière semaine du cours a été consacrée aux situations post-conflictuelles et à la façon dont le patrimoine peut devenir un outil de développement dans les processus de récupération des biens culturels. Les participants ont également évoqué les outils standards de l’UNESCO et les limites de l’action normative dans les zones touchées par des conflits. Chaque participant a présenté un bref exposé de cinq minutes sur ce qu’il avait l’intention de faire une fois rentré dans son pays. La plupart d’entre eux ont exprimé le désir d’accroître leurs réseaux, de se focaliser sur la formation et de lancer des initiatives ayant pour but de renforcer la sensibilisation. Comme exercice final, une simulation post-conflictuelle a été organisée dans les locaux de l’ICCROM. La terrasse de l’immeuble est devenue le théâtre d’une scène de guerre (explosion d’une bombe), et les participants ont eu pour mission de sauver et récupérer une collection d’objets culturellement sensibles avec des enjeux imposés par un groupe d’acteurs jouant les rôles de représentants d’un gouvernement, de journalistes et photographes, de militaires et de gardiens.
Durant les six semaines passées, 19 participants provenant de 18 pays ont fait de l’ICCROM leur maison. Ils ont mis à profit et partagé leurs expériences diverses afin d’acquérir de nouvelles connaissances. Ce fut une expérience forte et touchante pour toutes les personnes présentes. Au cours des derniers jours, la devise du cour était devenue pour beaucoup : « La culture ne peut pas attendre. »
Voici ce que certains participants ont pu dire à propos du cours :
« Nous avons appris non seulement à préserver des objets mais aussi à constituer des ponts entre les pays, les cultures et les gens. »
« J’ai au cœur et à l’esprit un grand nombre de rencontres avec des personnes venues du monde entier, et des expériences partagées avec des professionnels d’horizons divers. »
« Le premier grand changement dans ma vie fut le tremblement de terre de 2005 au Pakistan. Le second est ce cours… »
« Un pas de plus vers le futur. »
« Une des expériences les plus intéressantes de ma vie. »
« Ce cours est pour moi le trou de serrure d’une grosse et lourde porte à travers lequel je vois un chemin verdoyant. »
« C’était vraiment bien de rencontrer et de devenir ami avec autant de professionnels venus du monde entier. »
« Je crois que je vais conserver les bénéfices de cette expérience pendant de nombreuses années. »
Etats membres représentés : Afghanistan, Australie, Autriche, Colombie, Finlande, France, Géorgie, Iran, Myanmar, Nigeria, Pakistan, Serbie, Suède, Etats-Unis.
mise à jour :
09.11.2010 |