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Infos : septembre 2010
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Giorgio Torraca

Giorgio Torraca


Nécrologie
Giorgio Torraca 1927 - 2010

27 septembre. Samedi 25 septembre 2010, c’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de Giorgio Torraca, ancien Directeur-adjoint de l’ICCROM et Professeur agrégé à la Faculté d’ingénierie de l’université de Rome, «la Sapienza ».

Il n’y a pas si longtemps encore, on pouvait le croiser sur sa bicyclette,  pédalant allègrement dans le trafic de Rome. Giorgio Torraca était quelque peu réservé, mais toujours aimable, disponible et capable de collaborer avec toutes les disciplines relatives à la conservation du patrimoine culturel. Il entretenait des relations étroites non seulement avec les spécialistes de l’Institut Central de Restauration italien (aujourd’hui Institut Supérieur de Conservation et Restauration), mais aussi avec l’ICOM, l’IIC, l’Institut de Conservation Getty, et l’UNESCO, ainsi qu’avec nombre de fameux instituts de recherche et de formation dans le monde.

Chimiste de formation, il est engagé comme Assistant Scientifique par  l’ICCROM, alors appelé ‘Centre de Rome’, le 1er Aout 1965, à l’époque du premier Directeur, Harold J. Plenderleith. Sa première tâche fut de planifier la création et l’équipement d’un laboratoire scientifique pour soutenir les activités de conservation du Centre. Six ans plus tard, quand Paul Philippot, historien d’art, devient le nouveau Directeur du Centre, le Conseil désigne Giorgio Torraca Directeur-adjoint, pour maintenir ainsi un équilibre entre la culture et la science. Très vite, l’ICCROM réalise qu’un véritable laboratoire scientifique dépasse largement ses moyens. De là, l’idée de Giorgio Torraca de créer un laboratoire didactique, qui puisse servir de support aux différents cours internationaux, aux missions techniques, ainsi qu’à la mise en œuvre de projets de recherche de petite envergure ou au développement de matériel didactique.

C’est d’ailleurs dans ce domaine de la pédagogie que s’est révélé un des grands talents de Torraca et une de ses contributions majeures au monde de la conservation. En effet, il avait l’art d’expliquer la science aux  non-scientifiques, et il a fait cela à travers de nombreuses initiatives et publications, touchant à des domaines variés, tels que la conception de mortiers compatibles pour la conservation des maçonneries, les mosaïques, les constructions en terre ainsi que la conservation de la pierre et plus récemment du patrimoine industriel. Giorgio Torraca a été responsable du cours sur les Principes Scientifiques de Conservation (SPC) de l’ICCROM et de son format didactique. Il a été également impliqué dans la conception et l’organisation des cours internationaux sur la conservation de la pierre à Venise et la conservation du bois en Norvège. A une époque où la connexion à internet n’était encore qu’un rêve, Torraca voulait développer un système à l’échelle mondiale d’information en conservation, afin d’échanger des expériences entre collègues.

Tout au long de son engagement avec l’ICCROM, Giorgio Torraca a pris part à d’importants projets internationaux, en commençant par les campagnes de l’UNESCO pour la sauvegarde des monuments Nubiens et la coordination des efforts internationaux de sauvegarde après les inondations de Florence et de Venise dans les années 1960. En 1986, il part en retraite de l’ICCROM mais continue d’enseigner à l’université de Rome, et de contribuer en tant qu’expert à de nombreux projets internationaux. Pour lui, la science de la conservation avait quelque chose de spécial et de passionnant. Elle ne se limitait pas à de la «science pure», mais constituait un domaine plus pragmatique, où les décisions sur les thèmes et la manière de mener la recherche devaient prendre en compte des aspects humanistes complexes. 

Dans sa récente contribution au numéro spécial sur l’Histoire de l’ICCROM dans Museum International, en septembre 2009 (n. 243), Giorgio Torraca écrivait que les maigres budgets ne sont pas une excuse suffisante pour ne pas entreprendre de projets de recherche. Il notait que justement, ceux qui travaillent au niveau international sont à même de connaitre les problèmes et de discerner les bons sujets de recherche. « En somme, en raison de cette expérience unique, nous en savons plus en réalité sur le but qu'iun projet de recherche en conservation doit poursuivre que les scientifiques les plus sages des plus grands laboratoires  ».

Jukka Jokilehto

mise à jour : 22.10.2010

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