
| Nécrologie
Hiroshi Daifuku (1920 - 2012)
19 juillet. L’ICCROM a la tristesse d’annoncer le décès de M. Hiroshi Daifuku ce 12 juillet 2012. Représentant l’UNESCO, il fut un élément moteur essentiel pour guider les débuts du développement de l’ICCROM, alors appelé le Centre de Rome.
M. Hiroshi Daifuku, de nationalité américaine, est né à Hawaï à Honolulu le 7 avril 1920 d’un père japonais et d’une mère hawaïenne. Il a étudié l’anthropologie et l’archéologie à l’Université d’Hawaï et obtenu son Doctorat en Archéologie plus tard, à l’Université d’Harvard, en 1951. Il parlait couramment plusieurs langues, y compris l’allemand et le français. Son premier travail fut à l’Université du Wisconsin aux Etats-Unis en tant qu’Assistant en Anthropologie. Puis, il postula avec succès à un poste à l’UNESCO et fut nommé en 1954 Spécialiste de programme pour le développement des musées à la section Musées et monuments dirigée par Jan K. van der Haagen. Il travailla aussi avec Piero Gazzola qui était, à cette période, également Spécialiste de programme à l’UNESCO. C’est ensemble, avec van der Haagen et Gazzola, que Daifuku devint l’une des personnes clefs dans la fondation et dans les débuts de l’ICCROM. Ayant été désigné pour succéder à van der Haagen, il représenta l’UNESCO au Conseil de l’ICCROM pendant des années et fut le contact privilégié à l’UNESCO des Directeurs de l’ICCROM, depuis Harold J. Plenderleith, en passant par Paul Philippot et Bernard M. Feilden. Par sa considérable contribution à l’organisation il fut l’un des premiers lauréats du Prix ICCROM en 1979.
Avec sa position à l’UNESCO, Daifuku fut impliqué dans quasiment toutes ses premières activités culturelles, y compris les campagnes internationales pour sauver les monuments de Nubie, en travaillant entre autre à la sauvegarde des temples d’Abou Simbel et de Philae. Il s’investit également dans de nombreuses autres campagnes et missions. Dans toutes ces activités, le tout nouveau nommé Directeur du Centre de Rome, Harold James Plenderleith s’avéra un excellent allié. En effet, durant ces années, une collaboration étroite et fructueuse se développa entre l’UNESCO et l’ICCROM, en partie due à l’intelligence et à la vision de Daifuku. Ce fut à cette position que Daifuku représenta également l’UNESCO à la Conférence internationale de Venise en 1964, où l’ICCROM fut l’un des acteurs principaux. Daifuku fut l’un des signataires de la Chartre de Venise et un puissant promoteur pour l’établissement de l’ICOMOS l’année suivante en Pologne. D’ailleurs, une fois retraité de l’UNESCO en 1980, Daifuku resta un membre actif de l’ICOMOS des Etats-Unis.
Daifuku fut certainement la personne appropriée qui se trouvait au bon endroit à un moment décisif. Il fut non seulement capable de contribuer à la construction de la politique culturelle de l’UNESCO, mais aussi au développement d’autres organisations comme celles de l’ICCROM et de l’ICOMOS. On se souvient maintenant avec nostalgie du sourire et de l’expression amicale d’Hiroshi ainsi que de son attitude positive et constructive aux nouvelles propositions.
Le Directeur général, l’équipe et les collègues de l’ICCROM envoient leurs plus sincères condoléances à sa femme Alison, ses enfants et petits enfants. Nous nous souviendrons avec chaleur de M. Daifuku comme d’un professionnel accompli qui aida à bien déterminer la fondation de l’ICCROM et à laquelle sont toujours reliées les actuelles activités de l’ICCROM.
Jukka Jokilehto
mise à jour :
25.07.2012 |