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Collections
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Qu’entend-on par « collections » ?

Dans son texte fondateur, le Conseil international des musées (ICOM) définit les collections comme des ensembles de « témoignages matériels et immatériels des peuples et de leurs environnements ». Le Conseil international des archives (ICA) fait référence à la « mémoire des nations et des sociétés » ; la Fédération internationale des Associations et Institutions de Bibliothécaires (IFLA) parle d’« informations, d’idées, et de travaux de l’imagination ». En adoptant le simple terme de « Collections » comme titre de son programme, l’ICCROM concilie les significations de toutes ces différentes formes de patrimoine mobilier. 

Les collections sont plus que la somme des éléments qui les composent : les collections deviennent bien plus que de simples accumulations, elles deviennent des ensembles sensés. Nous devons préserver l’ensemble autant que les éléments qui le composent.

Les collections ont des origines et des cadres différents : les collections ont été assemblées pour de nombreuses raisons, et à travers de nombreuses procédures. Elles ont été réunies par des individus, des communautés, et par différents services gouvernementaux. Chacun engendre un cadre législatif et institutionnel distinct.

Les collections se déplacent à travers le monde : le caractère statique des musées peut nous faire oublier la distance parcourue par certains des objets qu’ils renferment.

L’histoire des collections est aussi celle de déplacements : des choses ont été envoyées, expédiées, vendues ou perdues, pour aboutir parfois dans des endroits tout à fait surprenants. Dans certains cas, le déplacement reflète la profonde tragédie du patrimoine pillé ; dans d’autres, il est vecteur d’histoires qui deviennent alors partie intégrante de la collection.

Les collections offrent une identité et facilitent le dialogue : les collections nous parlent de mondes passés, de cultures anciennes, d’époques lointaines, mais elles nous parlent aussi de nos nombreux mondes actuels. Au sein des communautés, en particulier de celles qui font face à des changements rapides, les collections nous amènent à réfléchir sur l’identité. Entre les communautés, même celles en conflit, les collections peuvent faciliter le dialogue, et devenir des instruments de paix.

Les collections communiquent à travers leurs gardiens et leurs usagers : les objets ne prennent pas l’initiative de communiquer ; leurs messages sont créés par leurs gardiens et leurs usagers. Les personnes responsables de la préservation des collections, et de leur présentation, sont aussi responsables de leur communication.

Les défis de la conservation des collections

L’objectif originel de l’ICCROM : il y a cinquante ans, l’ICCROM a été établi pour faire progresser la réflexion dans le domaine de la conservation et de la restauration, et pour aider les institutions et les professionnels de ses Etats membres à développer les méthodologies et les compétences nécessaires pour prendre soin du patrimoine culturel.

Un accès inégal aux moyens de conservation : cinquante ans plus tard, les Etats membres de l’ICCROM ne bénéficient toujours pas d’un accès équitable aux ressources, aux connaissances, et à l’expertise nécessaires à la conservation de leurs collections.

Des efforts divisés : dans la plupart des pays, les divisions institutionnelles continuent de fragmenter la gestion, la législation, et la formation en matière de patrimoine culturel. Les décisions impliquant de multiples agences se font inutilement conflictuelles. Au sein même de la profession de la conservation, la vieille fracture entre scientifiques et praticiens perdure, et a refait surface dans les pays qui ont récemment adopté une conservation « moderne ».  

Mettre fin à la prédominance occidentale dans le domaine de la conservation : cinquante ans plus tard, même si des améliorations ont eu lieu, l’approche occidentale prévaut en conservation. Les Etats non occidentaux sont majoritaires parmi les Etats membres de l’ICCROM, et pourtant les approches de conservation non occidentales ne sont pas assez reconnues, diffusées, discutées, ni ne font suffisamment l’objet de recherches. 

Faire participer la communauté à ses collections : il existe un désir croissant parmi les institutions et les professionnels de garantir la participation de la communauté aux décisions de conservation, en particulier lorsqu’il s’agit de collections aborigènes et de collections de communautés locales.

Offrir à la communauté l’intégralité de ses collections : de plus en plus d’institutions sont entrées dans un cycle frénétique d’expositions itinérantes, la plus grande partie de leurs ressources étant consacrée à cette forme d’accès. Les vastes collections, cependant, continuent de s’agrandir, réunissant de plus en plus d’objets sous-utilisés ou même abandonnés. Il est nécessaire de développer des politiques et des techniques qui permettent un accès sûr à l’ensemble de chaque collection.

La nécessité d’une approche de gestion des risques : ces dernières années ont amené leur lot de conflits, de catastrophes naturelles, de changement climatique, de ralentissement économique, et de réduction des ressources. Ce contexte appelle une approche de gestion des risques impliquant toutes les parties prenantes, en vue de garantir une hiérarchisation des actions de conservation.

Élargir les frontières traditionnelles des collections : les « nouveaux » matériaux ont entraîné de nouveaux dilemmes concernant les collections d’art contemporain, les collections audiovisuelles, et les collections numériques. Le concept de patrimoine immatériel a engendré de nouvelles possibilités et questions pour les collections. Ces pressions poussent l’ICCROM au-delà de ses frontières d’origine.

L’équilibre entre mobilier et immobilier : enfin et surtout, il existe un défi pragmatique qui consiste à trouver un équilibre entre les priorités des deux formes pratiques du patrimoine matériel : objets mobiliers contre objets immobiliers. La puissante stratégie de marketing et communication des sites du patrimoine mondial capte l’attention des décideurs, et diminue le développement de stratégies consacrées à la conservation des collections. Il est nécessaire d’équilibrer les efforts, au niveau international et national, en accroissant la visibilité des collections.

La réponse de l’ICCROM

L’ICCROM présente les forces et les faiblesses d’un Centre international d’études. Cela inclut des ressources humaines et financières limitées, mais, dans le même temps, un réseau puissant et très motivé de professionnels et d’institutions, une capacité unique d’influence et de partenariat, aux niveaux individuel, institutionnel et gouvernemental, et la capacité à offrir une plateforme multiculturelle et multidisciplinaire efficace consacrée au développement de la réflexion et de la pratique dans le domaine de la conservation.

En mobilisant toutes les ressources possibles de ses Etats membres, l’ICCROM peut montrer les différents chemins, mener et participer aux processus innovants devant permettre à la conservation des collections de faire face aux défis qu’elle rencontre.

En particulier, en 2010-2011, le programme Collections traitera spécifiquement, et d’une manière concertée :

  • la gestion des risques et la conservation préventive ;
  • le partage des décisions en conservation et la question des divisions dans le domaine de la conservation ;
  • la conservation des collections de sons et d’images, un patrimoine en grand péril.

 

mise à jour : 29.12.2009

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