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Collections
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Cours ICCROM-CCI sur la conservation préventive : réduire les risques pour les collections
18 juin – 6 juillet 2007

Partenaires

En collaboration avec le CMN (Musée canadien de la nature) et le Musée national de Belgrade, Diana Department for Preventive Conservation.

Durée : 3 semaines (18 juin - 6 juillet 2007)

Lieu : Sibiu, Roumanie

Participants
Vingt-deux participants provenant des pays suivants : Australie, Autriche, Belgique, Brésil, République tchèque, Chine, Grèce, Estonie, France, Hongrie, Allemagne, Iran, Monténégro, Pays-Bas, Nigeria, Roumanie et Royaume-Uni.

Contexte
Le cours international intitulé La conservation préventive : réduire les risques pour les collections, a été co-organisé par l’ICCROM, le Ministère roumain de la culture et des affaires religieuses et le Musée national ASTRA de Sibiu, Roumanie, capitale européenne de la culture 2007.

Ce troisième cours portant sur la gestion des risques est né du partenariat de l’ICCROM avec l’Institut canadien de conservation et l’Institut néerlandais pour le patrimoine culturel. Il a également bénéficié de la collaboration du Musée canadien de la nature, du Musée national de Belgrade (Département pour la conservation préventive « Diana »), des Archives nationales de Hongrie, ainsi que d’autres institutions.

Objectifs
Le but du cours a été de présenter les différents concepts liés à la prévention des risques dans le cadre de la gestion des biens culturels, et d’en envisager les différentes pratiques.

La prévention des risques ne se réduit pas seulement à la gestion des catastrophes exceptionnelles, elle concerne aussi la gestion des dangers moins perceptibles du quotidien, ainsi que tous les risques intermédiaires. Au cœur de la gestion des risques se trouve le concept de la « perte de valeur » du bien culturel. Dès lors, la prévention s’entend dans une perspective institutionnelle envisageant en même temps l’utilisation et la conservation des collections patrimoniales et des sites.

Le cours a examiné les meilleures investigations existantes pour améliorer l’évaluation des risques de toutes sortes concernant les biens culturels. Par l’étude concrète d’une collection muséale et de son environnement, les participants ont mis en pratique chaque étape du cycle de la gestion des risques, de l’évaluation des dangers jusqu’au développement et à la planification de traitements possibles face aux risques. Les études de cas ont été réalisées au Musée de plein air ASTRA de Dumbrava Sibiului, musée des civilisations et des traditions populaires, qui mêle aussi bien des structures architecturales que des collections relatives au folklore et à la civilisation traditionnelle en Roumanie. Un tel contexte a permis aux participants de bénéficier d’une approche intégrée à un patrimoine culturel matériel. Il a été tenu compte tout particulièrement des préoccupations des institutions ayant des ressources limitées. Enfin, la communication des risques et le travail en équipe ont été deux points essentiels présents tout au long du cours.

Objectifs d’apprentissage
A l’issue du cours, il est attendu des participants qu’ils sachent aborder la conservation préventive du point de vue de la gestion des risques. Par l’utilisation d’une approche systématique, ils doivent désormais être capables d’identifier, d’analyser et d’évaluer les risques au sein de chaque contexte particulier ; être à même d’utiliser le vocabulaire approprié concernant la gestion des risques, et s’exprimer sur cette gestion des risques de manière plus efficace. Et ils doivent enfin être capables de développer et d’évaluer des possibilités de traitements des risques, ainsi que de planifier leur mise en oeuvre.

Pour assurer le suivi du cours, il a été demandé à chaque participant d’esquisser et de réaliser un « projet maison « qu’il pourra mettre en oeuvre une fois de retour dans son propre environnement de travail. Ce qui permettra la diffusion et le développement de cette méthode de gestion des risques dans le secteur du patrimoine culturel en général.

Activités
Première semaine - La première semaine du cours a été consacrée à introduire les concepts et la terminologie propres à la prévention des risques, et à établir un contexte pour la gestion des risques. Des outils conceptuels et des approches déductives pour une identification exhaustive des risques ont été présentés. Les participants ont identifié les risques pour les collections et les bâtiments du Musée ASTRA des civilisations et des traditions populaires, dans lequel les diverses étapes du cycle de gestion des risques ont été pratiquées durant le cours.

A la fin de la semaine a eu lieu une mini-conférence au cours de laquelle chaque participant et l’équipe-ressource ont discuté et partagé leurs expériences sur le thème « Sélectionner et communiquer des priorités en matière de conservation préventive ».

Deuxième semaine - Cette deuxième semaine de cours a permis d’introduire un aspect fondamental de la gestion des risques : la notion de "perte de valeur" d’un bien culturel. Des exposés et des exercices se sont enchaînés afin d’explorer les thèmes liés aux valeurs d’un bien culturel, ainsi qu’à l’évaluation de ces valeurs, et en particulier dans la relation entre les modifications du matériau et sa perte de valeur ; la notion de l’importance relative au sein d’une collection ou d’un ensemble appartenant au patrimoine matériel et immatériel a également été abordée.

Le cours s’est ensuite focalisé sur l’élaboration d’une identification rédigée par écrit, à partir de scénarios de risques clairement définis. Ces scénarios ont décrit une chaîne de causes à effets pour chaque éventualité étudiée, de la (ou des) source(s) des dommages potentiels jusqu’aux modifications possible du matériau (détériorations) et de sa perte de valeur qui en découle. Des données quantifiables aussi précises que possible ont été indiquées pour aboutir à des estimations fiables concernant les processus de détérioration, ou bien pour envisager une probabilité d’événements, comme l’étendue des dommages causés sur un bien culturel résultant d’un processus de détérioration ou d’accidents ayant lieu au cours d’une période donnée. Tout au long de cette semaine, les participants ont développé et affiné des scénarios concernant des risques spécifiques qu’ils ont eu à identifier lors de la première semaine au Musée ASTRA des civilisations et des traditions populaires. La deuxième semaine s’est conclue par l’analyse des différents risques possibles en quantifiant leur importance par l’utilisation à dessein d’un système développé d’enregistrements, suivi par leur évaluation basée sur l’ampleur du risque et les incertitudes qui en découlent. Parmi les risques qui ont été évalués par les participants, on peut citer, en guise d’exemples, des chutes d’arbres sur des maisons historiques, des dommages physiques liés aux manipulations lors de mouvements de collections entre les réserves et les espaces d’exposition, un vol de petits objets, un incendie dans des lieux de stockage, etc. De façon à illustrer et à élaborer une méthode d’utilisation de l’information quantitative dans des scénarios de risques écrits, et pour permettre de discuter des opportunités actuelles et des enjeux relatifs à l’acquisition de ce type d’information, une série d’exposés illustrés, des discussions, des exercices en groupes et des jeux de rôle ont été réalisés sur les thèmes suivants:

  • science des matériaux étudiée par rapport à leur vulnérabilité face à une humidité relative ou à une température inadéquates, ou face à des radiations dues à la lumière et aux ultraviolets;
  • statistiques et enregistrements historiques de risques de tremblements de terre et d’incendies;
  • calcul de l’ampleur des risques pour l’étude de cas.

Troisième semaine - Durant la troisième semaine du cours, les participants ont évoqué les choix possibles de traitements des risques. L’analyse du coût–bénéfice a été évoquée comme instrument de comparaison des différentes options envisagées, en tenant compte des risques collatéraux. Les participants ont travaillé en groupes afin d’identifier et d’analyser les traitements possibles face aux risques qu’ils ont évalués au Musée ASTRA des civilisations et des traditions populaires. Ils ont également discuté des stratégies de planification permettant l’exploitation des traitements proposés face aux risques.

Les connaissances et le savoir-faire acquis tout au long du cours ont été mis en pratique afin de communiquer les résultats des études de cas du Musée ASTRA au personnel du musée et à l’équipe de direction.

Un exercice d’une journée concernant les prises de décision et les risques qui peuvent en découler a été organisé de façon à permettre aux participants d’améliorer encore leur savoir-faire et la pratique de la gestion des risques. Les participants, regroupés selon leurs domaines de compétence ou leurs intérêts, ont présenté des situations nécessitant des prises de décision et touchant différents types de biens culturels dans divers contextes : utiliser les salles d’un palais historique pour créer une manifestation, ce qui supposerait le sponsoring de sa restauration intérieure; décider qu’une église en bois qui a été transformée en musée retrouve sa situation d’origine; reloger une collection ethnographique dans un nouvel espace d’exposition au sein d’un musée ; accepter qu’une collection d’archives significative soit installée dans des pièces en sous-sol d’un bâtiment d’archives. A la fin de l’exercice, chaque groupe a évalué les risques et les avantages en jeu dans ces diverses situations, a discuté des traitements possibles et a présenté ses conclusions, ses arguments principaux et ses témoignages.

Un retour d’information (feedback) effectué par les enseignants et concernant les perspectives offertes par les études de cas, a été réalisé lors des dernières séances du cours ; les participants ont également engagé une réflexion portant notamment sur chaque planification à envisager par la suite, et sur la façon d’avoir une approche fiable en matière de gestion des risques pour chaque réalité professionnelle.  

Aboutissements principaux

  • Renforcement des compétences professionnelles : 22 professionnels provenant de 17 pays ont amélioré leurs connaissances et leur savoir-faire concernant les applications en matière de gestion des risques pour la conservation des biens culturels.
  • Réseau : la communauté internationale pratiquant la gestion des risques appliquée au patrimoine culturel a été renforcée par les 22 professionnels qui ont assisté au cours. Un site Web a été créé pour servir de plateforme au réseau et à la communication des professionnels, durant et (surtout) après le cours. Les participants ont pu trouver dans le site Web toute l’information nécessaire concernant le cours, ainsi qu’une information générale sur la gestion des risques. Le site Web a pour objectif d’accueillir les questions, les discussions se rapportant aux thèmes relatifs à la gestion des risques, au partage des informations sur les différents projets et initiatives, etc., et il contribue également au développement de la notion de durabilité. Les participants ont été encouragés à utiliser régulièrement ce site et à le faire connaître pour le plus grand bénéfice des internautes intéressés par la gestion des risques.
  • Améliorer le soutien aux professionnels par la formation et les méthodes didactiques : le cours a requis la collaboration de 11 enseignants, scientifiques expérimentés, conservateurs et gestionnaires qui ont beaucoup travaillé à harmoniser leurs points de vue, tout comme ils se sont efforcés d’évaluer et de répondre aux retours d’informations quotidiens des participants, de façon à améliorer les futures sessions. Des progrès substantiels ont notamment été réalisés au niveau de l’apprentissage des concepts de valeur et de la répartition des valeurs au sein des collections patrimoniales, tout comme au niveau des facteurs impondérables inhérents aux risques, en développant des compétences en matière de relevés systématiques, au niveau de l’observation du bien culturel, et en donnant les moyens aux participants de sélectionner les informations utiles présentes dans la documentation spécialisée et les archives institutionnelles. 
  • Impact : une formation ainsi que d’autres supports de ressources concernant la gestion des risques ont été élaborés et sont désormais accessibles; il est attendu des participants qu’ils communiquent les résultats et les applications du cours au moyen d’articles, de conférences, de rapports, et qu’ils en fassent « l’écho » dans les séminaires, dans le but d’informer aussi bien leurs collègues que d’autres institutions, ainsi que des départements spécialisés dans leur pays respectif.

 

mise à jour : 10.09.2009

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